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Qu’est-ce que la godille et comment naviguer avec ?

par admin
godille sur une barque

L’usage de la godille s’est perdu au profit des moteurs, hors-bords et auxiliaires. C’est pourtant un moyen de propulsion aussi écologique qu’efficace. Et si on le redécouvrait ?

La godille est tellement rare dans les marinas qu’elle en est devenue presque incongrue ! C’est pourtant un moyen redoutablement précis d’effectuer les manœuvres de port, de glisser son bateau au millimètre entre les catways, ou de quitter son poste d’amarrage sans troubler le sommeil de ses voisins. La godille permet aussi de se déhaler en cas de panne moteur, ou de pallier à une avarie de barre. Il suffit de peu pour la redécouvrir et la pratiquer : un bon aviron, un bateau adapté et un peu d’entrainement, si possible sous la conduite d’un initié.

Paré à viser avec la godille !

Saint Martin de Ré, 7h00, un matin d’août… Nous larguons les amarres de Kirikou, un Figaro 5, mini croiseur en contreplaqué. Hier soir, le préposé nous a relégué avec d’autres, tout au fond du bassin à flot. Huit à couple, un bel empilage à démêler au petit jour, en évitant d’agacer les équipages voisins qui ont aussi mal dormi que nous. La faute aux fêtards braillards !

L’aviron imprime son léger balancement et procure juste ce qu’il faut d’élan pour glisser la petite coque jaune dans le trou de souris qui ouvre sur le bassin. Alors que nous virons la terrasse de la « Baleine bleue », un passant lève les 2 pouces dans notre direction. Nous ne saurons pas si c’est le bateau qu’il salue, ou la manœuvre.

Toujours est-il que si nous avions été au moteur, je suis sûr qu’il n’aurait pas eu ce geste d’approbation. De toute façon, nous ne l’aurions pas perçu. Tout cela pour dire que la godille, en plus de son empreinte carbone extrêmement favorable, déclenche des élans de sympathie, et offre un moyen de propulsion et de manœuvre aussi silencieux qu’efficace.

homme qui navigue avec une godille

Long et profilé !

Tout est dans l’aviron. Il doit être en bois, long, fin et à la pelle profilée. Sa longueur doit être suffisante pour qu’en position, la poignée soit à la hauteur des épaules d’un humain debout. Une dame de nage inclinée sur le tableau arrière fera l’affaire, même si une engoujure serait idéale, mais les formes des bateaux modernes s’y prêtent mal…

Un bon aviron permet de propulser sans fatigue, un bateau pesant jusqu’à plusieurs tonnes. Une fois lancé, la godille ne fait qu’entretenir l’erre, ce qui explique qu’elle soit surtout efficace sur une coque à déplacement pour peu que celle-ci soient un tant soit peu profilée. Inutile d’en attendre le moindre secours sur un pneumatique, et même les annexes en forme de baignoire d’enfant ne sont pas bien adaptées à ce type de propulsion.

Un aviron est encombrant, à bord, et l’on ne sait jamais où le ranger en navigation. C’est sans doute la raison pour laquelle la godille est tant délaissée. Pourtant, cette sécurité supplémentaire mérite bien qu’on trouve une place à ce merveilleux moyen de gagner ou de garder son autonomie. Quand le vent tombe, que la mécanique renâcle, ou simplement quand on veut changer de poste d’amarrage. Vive la godille !

aviron de godille sur l'eau

Naviguer avec une godille, un apprentissage sous tutelle

Le Cours de navigation des Glénans avoue que « la description du mouvement de la godille est sans portée pratique ». C’est parfaitement exact : l’apprenti godilleur ne progressera vraiment que les mains sur le manche, ses premiers coups de poignets accompagnés de ceux d’un initié…

Pour faire simple, on empoigne l’aviron, pelle à plat. Au moment où elle plonge, le poignet donne l’incidence nécessaire pour assurer la poussée et éviter que l’aviron ne s’échappe de la dame de nage. En fin de course, le poignet bascule. Il incline et place la pelle de façon à en inverser l’incidence. La direction s’obtient en appuyant plus ou moins d’un bord ou de l’autre.

2 hommes navigant sur une godille

Si vous souhaitiez essayer, sans qu’aucun maître en la matière ne puisse superviser votre apprentissage, gravez à l’arrière du bateau, les principes suivant :

  • Le mouvement doit être continu afin que l’aviron reste en contact avec la dame de nage.
  • L’aviron doit être tenu de façon à ce que l’opérateur voie toujours la même face de la pelle
  • Les mains ne glissent jamais sur la poignée. Seuls les poignets assurent la bascule et l’incidence.
  • Tout le secret est dans l’instant précis où le poignet bascule, entre aller et retour.

Une fois le mouvement de base acquis, il restera à affiner le geste, à apprendre à jouer avec le vent et l’erre du bateau, et surtout à pratiquer chaque fois que possible. A sortir de la dépendance à la mécanique, à plus forte raison pour les trajets courts et faciles où celle-ci ne s’impose pas. Les citadins réapprennent le goût du vélo, il est temps pour nous de redécouvrir les vertus de la godille. Elle est moins coûteuse et largement aussi efficace, sur les petits bateaux, que bien des propulseurs électriques…

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