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Essai Bateau sur le Lagoon 440

par Aurélie Renier

Construit à plus de 400 exemplaires entre 2004 et 2009 par CNB, filiale de Beneteau, le Lagoon 440 est un catamaran spacieux et bien équipé. Ses caractéristiques en ont fait un habitué des flottilles de location auprès desquelles sa version 4 cabines a fait fureur.

The Big Guy

Avec ses dimensions de 13,70 m de long et 7,70 m de large, depuis les pontons du Port des Palmiers, à Hyères, une chose est sûre, il faut bien à ce Lagoon 440, deux places de port pour se stationner. Avec 4 cabines doubles, 4 salles d’eau, 2 pointes avant, 2 carrés, un flybridge et un demi carré avant, le Lagoon 440 compte parmi les catamarans les plus spacieux de son époque.

De l’arrière, les deux flotteurs permettent l’accès à bord et autorisent l’utilisation de bossoirs pour lever une annexe, même imposante (ici 3,20 m avec un HB de 15 HP). Une grosse annexe pour un bateau pouvant emporter entre 8 et 12 personnes, c’est un must. Les branchements électriques sont également installés à l’arrière bâbord.

Une fois à bord, on arrive sur le carré arrière, installé sur tribord, qui peut accueillir 12 passagers. Un évier et une desserte sur bâbord facilitent le service à table. Le cockpit n’est “encombré” d’aucun accessoire vélique. Le poste de pilotage principal se trouve sur le flybridge.

Les passavants sont extrêmement confortables, il y a beaucoup de place à l’extérieur, près de 90 m2. En avançant, on parvient au pied de mât (posé sur le roof). Si on avance encore, on se trouve devant un très agréable salon de pont avant, parfait pour les apéros au soleil. De vastes coffres abritent des réservoirs d’eau ainsi que la commande du guindeau voisin. La baille à mouillage contient 45 m de chaîne de 12 mm, du sérieux.
Tout à l’avant, les balcons offrent deux sièges, de part et d’autres des trampolines.

Beaucoup de toile

Le mât comporte deux étages de barres de flèches poussantes permettant de se passer de pataras. L’étai est pris sur une ferrure solidement assujettie à la poutre transversale reliant les flotteurs.
La bôme, assez haute, reçoit une grand-voile lattée disposant de 3 bandes de ris (ça, ce n’est pas un luxe, il faut pouvoir beaucoup réduire sur un multicoque qui ne gîte pas). A l’avant, notre exemplaire dispose d’un génois à fort recouvrement. Le tout représente pas moins de 116 m2 de surface de voile au près. A titre de comparaison, un monocoque “performance” de 44 pieds emporte moins de 100 m2.

Un flybridge très bien conçu

Toutes les manœuvres du gréement sont renvoyées sur le roof vers le cockpit du flybridge. Une fois en haut, force est de constater qu’on y dispose d’une vue royale sur les abords du bateau. La position assise à la barre est confortable ainsi que spacieuse. On y tient facilement à quatre. Commandes des moteurs, jauges gazole, répétiteur, tout y est. Pour la manœuvre, 4 winchs, dont un gros de 60 destiné principalement à la grand-voile, à l’arrière bâbord, et, à l’avant du flybridge, un sur bâbord et deux sur tribord. La grand-voile se gère depuis le winch arrière, les drisses depuis un piano tribord et les ris depuis un second piano, lui aussi installé à tribord. Toutes les manœuvres sont facilement accessibles par le barreur.

De retour en bas, je visite les grand carré intérieur à la gauche duquel se trouve une table à carte bien équipée. Sur le modèle essayé, elle comporte même une commande de gaz, autorisant, avec l’aide de la commande du pilote installée ici, le contrôle du bateau depuis l’intérieur. Un gros traceur Raymarine, une radio ASN, un AIS, un répartiteur et la hifi complètent le tableau.

Une grande cuisine

Derrière, tournée, vers l’arrière, la vaste cuisine offre une cuisinière 3 feux, un immense réfrigérateur, un vrai congélateur, et un grand plan de travail. Très bien pensé. Dans chaque coque, deux cabines et leurs salles d’eau. Les cabines arrières sont plus spacieuses que les cabines avant. Toutes offrent d’abondants rangements et une vue sur mer via les hublots de coque.

En route

C’est un weekend de mistral qui s’annonce, mais nous avons décidé de ne pas trop nous éloigner. C’est ainsi que nous nous dirigeons vers Bormes-les-Mimosas. Les deux moulins démarrent illico à la première sollicitation et, une fois débordé, je fais facilement pivoter le bateau en mettant les moteurs en opposition.

Un premier long bord au portant en direction de Porquerolles représente l’occasion de tester ce bateau seul. Seul sur le flybridge oui, car à l’étage en dessous et malgré les 20 nœuds établis, tout le monde discute et un apéritif se prépare…. Sorti avec un ris, et issu du monde des monocoques, j’ai toujours la main pas loin de l’écoute de grand-voile, et je me demande si je dois, ou non en prendre un second… Aller, je le prends, je démarre les moulins puis rapproche l’engin du lit du vent, je choque un peu l’écoute puis la drisse tout en reprenant la bosse de ris à fond puis finis en étarquant la drisse. Super, tout se fait facilement, en trois minutes sans quitter, ou presque, mon siège…

Le lendemain, le retour est franchement plus sportif depuis la calanque de Port-Man. 25 nœuds établis, avec des pointes à 30, on sort avec deux ris et le génois roulé pour un long bord de près en direction de Hyères.

Le Lagoon 440, tape dans les vagues, les embruns montent jusqu’au flybridge et j’ai toujours cette crainte chevillée aux tripes du renversement ou du démâtage sur ces gros catamarans… Les rafales étant fréquentes, nous prenons un troisième ris, automatique, lui aussi sur ce bateau, toujours depuis le poste de pilotage. Ça c’est sécurisant et sans courir aucun risque.
Je sens d’emblée le bateau moins nerveux même si les haubans sifflent dans les rafales. Je suis content de n’avoir à parcourir qu’une distance réduite à ce régime…

Epilogue

Au port, en faisant le tour du bateau pour m’assurer que nous n’y avions rien oublié dans ce Lagoon 440,, un détail me crispe : la cloison de la cabine avant bâbord présente un jour important masqué au joint souple ainsi qu’un enfoncement dans un coin vers le pont et une trace de réparation… Une cloison défectueuse dans cette zone peut entraîner un démâtage. Aucun doute, ce bateau a souffert fortement, la cloison à cassé et a été réparée d’une manière cosmétique… A voir la tête de son propriétaire quand je la lui montre, il n’en savait rien. J’en suis quitte pour une sueur froide rétrospective et lui pour une facture salée à venir, ce n’est pas tant que la réparation soit difficile, mais pour accéder à cette cloison, il fait arracher tout le panneautage de la cabine, plafond compris (ces éléments sont collés), remplacer la cloison en question, puis remplacer les éléments décoratifs…!

Spécifications Générales

Longueur hors tout: 13.60 m
Largeur: 7.70 m
Poids: 12.2 T
Architecte: VPLP
Mât: 21.00 m
Grand Voile: 74.00 m²
Génois: 42.00 m²
Gennaker: 90.00 m²
Spinnaker: 145.00 m ²
Motorisation: 2x 55 cv Yanmar
Eau: 3x300L
Gazole: 2×325 L

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L’essai est rédigé par François Meyer.

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